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Demander un avis Google à un client : la méthode d'un artisan de Lille

Publié le · Gaëtan Dammaretz

Plombier de Lille qui montre son téléphone à une cliente sur le pas de la porte à la fin d'une intervention pour lui demander un avis

Demander un avis Google à un client se fait en trois gestes : choisir le bon moment (la fin du chantier ou de la prestation, quand le client est content et que vous êtes encore là), dire une phrase simple sans insister, et lui envoyer le lien direct vers votre fiche pour qu'il n'ait rien à chercher. Ce n'est pas quémander. C'est proposer à un client satisfait de le dire, et 83 % des personnes à qui on le demande le font.

Dans l'épisode précédent, on a vu que Google et les assistants d'IA lisent vos avis avant de vous recommander. Reste la question que tout le monde me pose ensuite : « D'accord, mais comment je les obtiens, ces avis, sans passer pour un vendeur ? » Voici la méthode que j'applique avec les artisans que j'accompagne à Lille, Lomme et Lambersart.

Pourquoi vos clients ne laissent pas d'avis tout seuls

Un client content ne pense pas à écrire un avis. Il pense à son chauffe-eau qui remarche, à sa coupe de cheveux, à son gâteau d'anniversaire. Le client mécontent, lui, y pense. C'est pour ça que les fiches où personne ne demande rien finissent avec trois avis, dont un mauvais.

Les chiffres disent la même chose. D'après l'enquête BrightLocal publiée en février 2026 auprès de 1 002 consommateurs américains, 83 % des personnes à qui une entreprise a demandé un avis en ont laissé un. Et 74 % cherchent des avis rédigés dans les trois derniers mois. En France, l'étude Ifop pour Guest Suite de janvier 2026 va dans le même sens : 93 % des Français consultent des avis avant de choisir, et 48 % citent la fraîcheur des avis comme critère de confiance.

Traduction : un avis de 2023, aussi élogieux soit-il, ne rassure plus personne. Il vous faut un flux régulier, et ce flux ne vient que si vous demandez.

Le bon moment : quand le client vous remercie

Il y a une seconde précise où demander un avis est naturel : celle où le client vous dit merci. Fin de chantier, remise des clés, paiement, sortie du salon. Le client est content, vous êtes en face de lui.

Trois jours plus tard par SMS, ça marche encore. Trois semaines plus tard, c'est fini : le client est passé à autre chose et votre message ressemble à une relance.

Chez un commerçant, le moment est plus court : c'est l'encaissement, ou la remise du produit. Un petit panneau à la caisse avec un QR code fait le travail toute la journée sans que vous ayez à parler.

La phrase qui marche (et celles qui ne marchent pas)

La bonne phrase tient en une ligne, sans justification :

« Si vous êtes satisfait, un avis sur Google m'aide beaucoup. Je vous envoie le lien, ça prend une minute. »

C'est tout. Vous ne dites pas « ça m'aiderait pour mon référencement », le client s'en moque. Vous ne dites pas « si ce n'est pas trop demander », vous vous excusez d'avance. Vous ne dites pas « un avis 5 étoiles » : Google interdit de solliciter des avis positifs de façon sélective, et un client à qui on souffle la note se sent manipulé.

Si le client hésite, ajoutez : « Deux phrases suffisent, ce qu'on a fait et si vous êtes content. » Beaucoup de gens n'écrivent pas parce qu'ils ne savent pas quoi écrire.

Le lien direct : supprimez toute recherche

La deuxième raison pour laquelle un client ne laisse pas d'avis, c'est qu'il ne trouve pas où. Chercher votre entreprise sur Google, ouvrir la fiche, trouver le bouton « Rédiger un avis » : trois étapes de trop.

Dans votre fiche Google Business Profile, un bouton « Demander des avis » vous donne un lien court et un QR code. Google le rappelle dans son aide « Conseils pour obtenir plus d'avis » : le plus simple est de demander au client de cliquer sur un lien ou de scanner un QR code. Ce lien ouvre directement la fenêtre de rédaction, sans passer par la fiche.

Ce que je mets en place avec les artisans en une séance :

  • le lien enregistré en raccourci dans le téléphone, prêt à être envoyé par SMS ou WhatsApp en dix secondes ;
  • un SMS type de deux lignes, avec le prénom du client et le lien, envoyé le soir même ;
  • le QR code imprimé sur le devis, la facture et, pour les commerces, sur un petit chevalet à la caisse ;
  • la même demande dans le message de remerciement envoyé après paiement, si vous en envoyez un.

Le résultat n'est pas spectaculaire : deux, trois, quatre avis par mois. Mais réguliers, et au bout d'un an c'est ce qui sépare une fiche vivante d'une fiche ignorée. C'est aussi ce que je recommande dans l'article sur les coiffeurs et instituts, où le passage en caisse est le moment idéal.

Répondre à tous les avis, sans exception

Demander ne suffit pas, il faut répondre. Selon la même enquête BrightLocal 2026, 89 % des consommateurs attendent que l'entreprise réponde aux avis, et 80 % disent qu'ils choisiraient plus volontiers une entreprise qui répond à tous les siens. Google le recommande aussi dans son aide : une réponse publique, brève, aimable et sans discours commercial.

Un avis positif : deux phrases, personnalisées

Remerciez en rappelant ce que vous avez fait : « Merci Madame Dupont, ravi que la nouvelle chaudière tienne ses promesses. À bientôt pour l'entretien annuel. » Le client se sent reconnu, vos prochains clients voient un artisan présent, et Google lit le nom de la prestation. Évitez la réponse copiée-collée sur vingt avis, elle se repère en un coup d'œil.

Un avis négatif : calme, court, tourné vers la solution

Une règle : vous n'écrivez pas pour le client mécontent, vous écrivez pour les cinquante personnes qui liront l'échange ensuite. Elles jugent votre réaction, pas l'incident.

Remerciez pour le retour, reconnaissez ce qui peut l'être, proposez de régler le problème en direct, et arrêtez-vous là. Quatre lignes maximum. Pas de justification point par point, pas de ton sec, pas de révélation sur le dossier du client. Google demande d'ailleurs de protéger la vie privée de la personne qui a laissé l'avis, même quand elle a tort.

Si l'avis enfreint les règles de Google (insultes, personne qui n'a jamais été cliente, concurrent), signalez-le depuis votre fiche. Mais ne comptez pas dessus : c'est votre réponse publique qui protège votre réputation, pas la suppression.

Ce qui est interdit, et pourquoi ce n'est pas un détail

Chaque mois, quelqu'un propose à un artisan d'acheter des avis, ou de faire écrire la famille. Ne le faites pas, pour deux raisons.

La première : Google l'interdit. Sa page sur les contenus interdits et soumis à des restrictions bannit les avis qui ne reposent pas sur une expérience réelle, les avis payés directement ou en nature, les avis publiés depuis plusieurs comptes par une même personne ou à sa demande, et le fait de décourager les avis négatifs ou de solliciter des avis positifs de façon sélective. Offrir une remise contre un avis est également interdit. Une fiche prise en faute peut voir ses avis supprimés ou être suspendue, et ça se récupère très difficilement.

La seconde : la loi française. Le code de la consommation interdit à un professionnel de se présenter faussement comme un consommateur, de diffuser ou faire diffuser de faux avis, ou de modifier des avis. La DGCCRF le rappelle sur SignalConso (novembre 2024) : il s'agit d'une pratique commerciale trompeuse, passible de deux ans d'emprisonnement et de 300 000 euros d'amende. Pour dix faux avis, le jeu n'en vaut pas la chandelle.

Ce qui reste autorisé, et largement suffisant : demander à tous vos clients, sans distinction ni contrepartie, avec un lien direct.

Votre prochaine étape

Cette semaine, récupérez votre lien d'avis dans votre fiche Google et enregistrez-le dans votre téléphone. Au prochain client qui vous dit merci, envoyez-le.

Si vous voulez qu'on mette en place ensemble le SMS type, le QR code sur vos documents et une réponse prête pour chaque type d'avis, c'est une séance d'une heure. Réservez un créneau ou écrivez-moi. Et si vous ne savez pas où en est votre fiche par rapport à celles de vos concurrents, l'audit gratuit est fait pour ça.

Prochain épisode : vos photos sur Google et sur votre site, celles que vos clients regardent vraiment, et celles qui ralentissent tout. En attendant, l'article sur le référencement local reste la base de tout ce qui est décrit ici.

Questions fréquentes

Puis-je offrir une réduction en échange d'un avis ?

Non. Google considère toute contrepartie, remise, cadeau ou tirage au sort, comme une incitation interdite. Vous pouvez remercier un client après coup, jamais conditionner un avantage à la rédaction d'un avis.

Un client veut bien laisser un avis mais n'a pas de compte Google, que faire ?

Il en faut un pour publier un avis Google. Dans ce cas, proposez une alternative : un avis sur votre page Facebook, ou un témoignage écrit avec son accord que vous publiez sur votre site. Ne créez jamais de compte à sa place et n'écrivez pas l'avis pour lui : ce serait un avis publié à votre demande, donc interdit.

Je n'ai que quelques avis et un mauvais, comment rattraper ça ?

En demandant, dès aujourd'hui, à chaque client satisfait. Cinq avis récents et sincères diluent un vieil avis négatif en quelques semaines. Et répondez à ce mauvais avis, calmement, même s'il date : la réponse compte autant que l'avis.

Faut-il demander des avis ailleurs que sur Google ?

Google d'abord, parce que c'est là que vos clients vous cherchent et que les assistants d'IA lisent. Ensuite, la plateforme que vos clients utilisent déjà : Facebook pour un commerce de quartier, une plateforme spécialisée pour un restaurant. Et des informations identiques partout, comme vu dans l'épisode sur la réputation.