Prestataire web à Lille : les 6 points à lire avant de signer
Publié le · Gaëtan Dammaretz

Il y a quelques semaines, j'ai commencé à accompagner une commerçante qui voulait changer de prestataire pour son site internet. Elle payait un abonnement mensuel depuis plusieurs années. Au fil de nos échanges, une phrase est revenue : « Je suis propriétaire de mon site, quand même ? »
Elle avait toutes les raisons de le croire. Elle avait payé la création. Elle avait fourni ses photos et ses textes. Personne ne lui avait jamais dit le contraire. Et pourtant, quand nous avons ouvert les documents, les réponses n'étaient pas celles qu'elle imaginait.
Je précise tout de suite : il n'y a pas de méchant dans cette histoire. Pas de fraude, pas de piège tendu. Juste des conditions générales que personne n'avait relues, et des questions que personne n'avait posées au moment de signer. C'est de très loin le cas le plus fréquent.
Voici ce que j'ai appris à regarder.
1. Le contrat, ce n'est pas la page du site
Les conditions générales publiées sur le site d'un prestataire sont celles du jour où vous les lisez. Elles peuvent changer la semaine suivante, et c'est son droit. Ce qui vous engage, vous, c'est la version qui était annexée à votre devis le jour de votre signature.
Deux réflexes, donc. Demandez que les conditions générales soient jointes au devis, pas seulement citées par un lien. Et le jour de la signature, enregistrez le document en PDF ou imprimez-le. Rangez-le avec le devis et les factures. C'est bête, ça prend trois minutes, et le jour où vous en avez besoin, c'est la seule pièce qui compte. J'ai détaillé le reste des vérifications dans comment vérifier un prestataire web avant de signer.
2. Le nom de domaine : à quel nom, et dans quel compte ?
Votre nom de domaine, c'est votre adresse. C'est ce qui est écrit sur vos cartes de visite et sur votre devanture. Beaucoup de contrats précisent noir sur blanc que le client en reste le propriétaire, et c'est très bien.
Mais être propriétaire et avoir la main dessus, ce sont deux choses différentes. Le domaine peut être à votre nom tout en étant rangé dans le compte d'un prestataire, chez un hébergeur. Tant que tout va bien, personne ne s'en aperçoit. Le jour où vous voulez partir, c'est lui qui détient la clé.
La question à poser, et à faire écrire : le nom de domaine est enregistré à quel nom, et il est rangé dans quel compte ? Si vous recevez des factures de l'hébergeur à votre nom, c'est bon signe. Si vous n'en recevez jamais, posez la question.
3. L'hébergement : quelle offre, et quelle date d'échéance ?
Même logique. Un hébergement se renouvelle, souvent tous les ans ou tous les deux ans, et souvent tout seul. Si vous ne connaissez pas la date, vous ne pouvez rien anticiper.
Demandez l'offre exacte et la date de reconduction. Vous n'avez pas besoin de comprendre la technique derrière, juste d'avoir ces deux informations quelque part.
4. Votre image : ce que dit la case « droits cédés »
C'est le point qui a le plus surpris la commerçante dont je parlais.
Vos photos et vos textes sont à vous, personne ne le conteste. Mais le site fini, lui, est un assemblage : un gabarit, du code, une mise en page, parfois des visuels achetés. Beaucoup de conditions générales prévoient que les fichiers de production et le code restent la propriété du prestataire, et que vous recevez le produit fini, pas les pièces détachées. Ce n'est pas abusif, c'est simplement un choix qui doit être dit.
Ce que vous devez regarder sur votre facture de création : s'il existe une case « droits cédés », ce qui y est écrit. Si elle est vide, demandez ce que cela signifie concrètement. La même question se pose avec les plateformes toutes faites, et je l'ai traitée dans êtes-vous vraiment propriétaire de votre site web.
Dernier détail, facile à vérifier vous-même : ouvrez les mentions légales de votre propre site. Qui y est déclaré comme éditeur ? Si c'est votre prestataire et pas vous, ce n'est pas forcément anormal, mais c'est une question à lui poser.
5. Votre adresse mail : le point le plus sensible
On parle beaucoup du site, presque jamais de la messagerie. C'est pourtant ce qui ferait le plus de dégâts.
Si votre adresse professionnelle est hébergée dans le même compte que votre site, et que ce compte n'est pas le vôtre, vous ne risquez pas seulement une page blanche. Vous risquez vos échanges avec vos clients, vos fournisseurs, votre comptable.
Demandez combien de boîtes mail existent sur votre nom de domaine, et dans quel compte elles vivent. Et quoi qu'il arrive, gardez une sauvegarde de vos messages importants ailleurs.
6. Ce que vous devez pouvoir faire tout seul
Dernière question, la plus simple et la plus parlante : pouvez-vous changer une photo sur votre site, un soir, sans appeler personne ?
Si la réponse est non, ce n'est pas un défaut en soi. Certains sites sont conçus comme une plaquette et n'ont pas besoin de bouger. Mais il faut le savoir avant, pas le découvrir le jour où vous avez une nouveauté à montrer. Si vous voulez pouvoir intervenir vous-même, cela se demande dans le devis, et cela se vérifie à la livraison. C'est d'ailleurs la règle que j'applique sur les sites vitrines que je crée à Lille : la personne doit pouvoir changer une photo seule.
Comment poser ces questions sans braquer personne
Ces six questions ne sont pas des accusations. Un prestataire sérieux y répond en dix minutes, et il est même plutôt content qu'on s'intéresse à son travail.
Trois conseils pour que l'échange reste serein. Posez des questions fermées, qui appellent une réponse précise plutôt qu'une explication. Demandez la réponse par écrit, un simple mail suffit. Et faites-le au moment du devis, quand tout le monde est de bonne humeur, pas le jour où vous voulez partir.
Si vous êtes déjà engagé, il n'est pas trop tard. Ressortez votre devis, vos factures et vos conditions générales, et reprenez la liste point par point. Vous saurez au moins où vous en êtes.
Et si tout cela vous dépasse un peu
Je sais ce que certains se disent en lisant cette liste : « je ne vais pas savoir où regarder ». C'est normal, et ce n'est pas votre métier.
C'est pour cette raison que je ne me contente pas de livrer un site et de m'en aller. J'accompagne, j'explique, et je forme les personnes qui le souhaitent, à leur rythme, avec des mots de tous les jours. Savoir où est rangé votre nom de domaine, retrouver une facture d'hébergeur, changer une photo sur votre site : ce sont des gestes qui s'apprennent en une fois ou deux, et qui vous rendent indépendant pour les années qui suivent. C'est aussi ce que recouvre mon suivi de site, au-delà des mises à jour techniques.
Cela fait partie du travail, pas d'une option. Un commerçant qui comprend ce qu'il paie et ce qu'il possède pose de meilleures questions, à moi comme à n'importe qui d'autre. C'est tout bénéfice pour lui, et honnêtement, c'est plus agréable à travailler.
Je termine par une précision honnête : je suis artisan du web, pas juriste. Tout ce qui touche à votre contrat, à sa durée et à ses conditions de sortie, c'est à vous de le lire, et au besoin de le faire lire par un professionnel du droit. Mon rôle, en tant qu'Activateur France Num, c'est de vous donner les bonnes questions et de vous aider à comprendre les réponses.
Questions fréquentes
Mon site est à mon nom, est-ce que j'en suis propriétaire ?
Pas forcément en totalité. Le nom de domaine, l'hébergement, les fichiers et les textes se règlent séparément, et chacun peut avoir son propre sort. Vos trois documents de référence sont le devis signé, les conditions générales qui y étaient jointes et vos factures.
Mon prestataire a modifié ses conditions générales depuis ma signature, que faire ?
Reprenez la version qui était annexée à votre devis le jour de la signature, c'est celle qui vous concerne. Si vous ne l'avez pas gardée, demandez-la lui par écrit, simplement, sans y mettre de tension.
Mes photos et mes textes m'appartiennent-ils ?
Ce que vous avez fourni reste à vous, et vous pouvez en demander une copie. Le site fini, lui, dépend de ce que prévoit votre contrat, en particulier la case « droits cédés » de votre facture de création.
Puis-je récupérer mon nom de domaine et mes adresses mail si je change de prestataire ?
C'est exactement ce qu'il faut vérifier avant d'en avoir besoin : à quel nom le domaine est enregistré, dans quel compte il est rangé, et où vivent vos boîtes mail. Faites cet inventaire pendant que tout va bien, pas le jour où vous partez.
Combien de temps faut-il pour vérifier tout cela ?
Une demi-heure avec vos papiers sous les yeux. Le plus long, en général, c'est de les retrouver.
Pour aller plus loin
Trois articles qui complètent celui-ci.
- Comment vérifier un prestataire web avant de signer : ce qu'on peut contrôler sur une entreprise avant même de demander un devis.
- Wix, Solocal, artisans.com : êtes-vous vraiment propriétaire de votre site web ? : la même question, posée cette fois aux grandes plateformes.
- Pourquoi votre prestataire web ne répond plus (et quoi faire) : la suite logique, quand le silence s'installe.
Un doute sur l'un de ces six points ?
Vous ne savez pas où regarder dans vos papiers ? Écrivez-moi, ou passez me voir si vous êtes du secteur. On ouvre vos documents ensemble et on fait le tour de la liste, tranquillement.
Si vous n'êtes pas à l'aise avec le web, dites-le simplement. Je prends le temps d'expliquer et de montrer, sans vocabulaire compliqué, autant de fois qu'il le faut. Que vous travailliez ensuite avec moi ou avec votre prestataire actuel, vous repartirez en sachant ce qui vous appartient et comment le vérifier vous-même.